« La Horde Du Contrevent » au Théâtre des 3T

Bonsoir à toutes et tous !!

La compagnie La Torche Bleue propose cet Avignon une adaptation du célèbre roman d’Alain Damasio, grand prix de l’Imaginaire 2006. Lady H, qui a justement lu le roman, est allée voir la pièce, et vous livre son analyse.

L’Histoire : Dans un monde balayé par des vents très forts, dont on connaît neuf formes, un groupe d’élite, La Horde du Contrevent, tente de remonter jusqu’à la source du Vent, jusque-là jamais atteinte : l’Extrême-Amont. Œuvre de pur imaginaire, La Horde du Contrevent est à l’origine un roman initiatique : pour ses personnages, les membres de la Horde, mais aussi pour son lecteur, qui remonte le livre comme on remonte un fleuve, et s’en trouvera changé. C’est une quête de sens et de dépassement.

Cette version se focalise sur les aventures des cinq derniers hordiers survivants : l’aéro-maîtresse Oroshi, la villageoise Coriolis, le Troubadour Caracole, le Scribe Sov, et le Traceur, Golgoth. Elle débute donc à la dernière partie du roman, tout en nous expliquant le point de départ. Qu’on soit ou non un lecteur de La Horde, elle nous embarque dans cette fresque épique vers l’abstraction, avec ces questions : les aventuriers vont-ils ou non atteindre l’Extrême Amont ? Existe-t-il vraiment ?

Crédit Photo : Marie Charbonnier 

L’Avis de Lady H :

Fan du roman, c’était la première fois que je découvrais une adaptation sur scène. Et c’est un sacré défi d’adapter ce roman de cinq cents pages. Parce qu’il compte une vingtaine de personnages centraux, raconte une remontée du vent à travers des paysages incroyables, mais aussi parce qu’il est un roman éminemment philosophique, sur le lien entre abstrait et concret, sur les transformations de l’homme par le mouvement. 

Le parti pris de cette adaptation est le suivant : se concentrer sur les cinq derniers Hordiers, personnages centraux du récit, avec un sixième énigmatique personnage, qui représente le Vent, et est responsable des sons du récit, sous forme de régie sur scène. La musique, souvent de la guitare acoustique jouée en live, est d’ailleurs très réussie et résonne parfaitement avec l’esprit du livre.


« Même quand tu seras seul au monde, tu nous porteras »

Les six comédiens sont au diapason, entre eux, et avec le texte, dont on entend de magnifique passages. La représentation du vent, qui passe par les corps, est très réussie. 

J’ai aussi apprécié que Caracole, le Troubadour, personnage marquant au verbe fou, incarné et désincarné à la fois, soit joué par une femme. Le trouble sur le genre du personnage le rend encore plus libre.

Crédit Photo : Marie Charbonnier 

En 1h10, il faut cependant faire le deuil de certains passages marquants du roman. Mais disons que pour les non-lecteurs qui découvriront l’histoire avec la pièce, c’est une bonne raison de ne pas manquer de lire aussi le roman – d’ailleurs en vente après la pièce. 

Bravo à cette jeune compagnie pour cette adaptation fougueuse, ce véritable hommage. Ils servent le verbe de Damasio avec passion.

La Horde du Contrevent, au Théâtre des 3T, 10eAvenue, du 4 au 25 juillet à Avignon, à 18h50.  Texte · Alain Damasio – Adaptation : Adrien Artaud, Baptiste de Séverac et Joséphine Maman. Mise en scène · Baptiste de Séverac. Avec · Adrien Artaud, Clara Laenen, Joséphine Maman, Killian Nobilet, Marlène Perriau, Théotime Soufflet. Scénographie · Baptiste de Séverac. Son · Théotime Soufflet. Lumières · Baptiste de Séverac

Réservations : https://3tavignon.com/spectacles/la-horde-du-contrevent-cie-la-torche-bleue/

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