Bonjour à tous !!
Aujourd’hui Les Chroniques vous emmènent du côté du Théâtre de La Huchette pour vous parler de Crime et Châtiment, adaptation de l’œuvre de Dostoievski par Dominique Scheer-Hazemann (qui signe également la mise en scène) et interprétée par Jérémy Petit, Milena Marinelli et Adrien Biry-Vicente.

L’Histoire : Rodion Raskolnikov (Jérémy Petit), jeune étudiant dans le besoin, se rend chez une vieille usurière, Alena Ivanovna (Adrien Biry-Vicente), pour y gager des objets. Malgré l’aide de sa sœur Dounia (Milena Marinelli), qui s’apprête à épouser un homme prêt à engager Raskolnikov, il est accablé par la misère qui l’entoure. Convaincu qu’il a le droit moral de tuer pour survivre, il choisit Alena Ivanovna comme victime. Lors du meurtre, il est contraint de tuer également la demi-sœur de l’usurière, rentrée plus tôt de son travail. Rongé par le remords et la culpabilité, Raskolnikov tombe malade et s’enferme chez lui. Avec l’aide de son ami Razoumikhine (Adrien Biry-Vicente), il décide d’aider un homme pauvre et désespéré, victime de maltraitances conjugales, et dont la fille Sonia (Milena Marinelli) est contrainte de se prostituer pour subvenir aux besoins de la famille. Cependant, l’ombre du commissaire Porphyre (Adrien Biry-Vicente), chargé de l’enquête sur le meurtre de l’usurière, plane sur Raskolnikov…
L’Avis de Monsieur N :
Au Théâtre de La Huchette, la scène minuscule devient le théâtre d’une immensité romanesque. Avec cette adaptation musicale de Crime et Châtiment, Dominique Scheer-Hazemann confirme, après son remarquable travail sur Adolphe, un talent rare pour transposer les grandes œuvres littéraires en expériences scéniques à la fois accessibles et exigeantes.
Le pari était audacieux : condenser la densité psychologique du chef-d’œuvre de Fiodor Dostoïevski en une forme musicale portée par seulement trois interprètes. Et pourtant, la réussite est éclatante. L’essence du roman (ses tourments moraux, ses abîmes intérieurs, sa réflexion vertigineuse sur la culpabilité) est ici préservée avec une finesse remarquable. Les chansons, loin d’être de simples respirations, accompagnent et amplifient la descente de Raskolnikov dans ses propres ténèbres, comme autant de pulsations de son esprit fracturé.
La mise en scène, d’une fluidité impressionnante, joue avec l’espace et les codes avec une inventivité constante. En quelques gestes, en quelques lumières, nous voilà transportés d’une cage d’escalier étouffante à l’appartement misérable de Raskolnikov, puis au bureau oppressant de Porphyre, avant de déambuler dans les rues fiévreuses de Saint-Pétersbourg. Cette économie de moyens devient une force poétique.
Mais c’est sans doute la distribution qui nous transporte définitivement dans l’aventure. Jérémy Petit incarne un Raskolnikov d’une intensité saisissante, oscillant avec justesse entre désœuvrement, arrogance intellectuelle et vertige moral. Face à lui, Milena Marinelli et Adrien Biry-Vicente composent, avec une virtuosité impressionnante, l’ensemble du microcosme qui gravite autour du protagoniste. Leur capacité à se métamorphoser, à passer d’un personnage à l’autre avec une précision et une énergie constantes, force l’admiration.

Cette adaptation de Crime et Châtiment n’est pas seulement une réussite : c’est une proposition théâtrale forte, intelligente et profondément habitée, qui rappelle à quel point les grandes œuvres peuvent continuer de vibrer, autrement, ici et maintenant.
« Crime et Châtiment » d’après l’œuvre de Fiodor Dostoïevski; adaptation, livret et mise en scène de Dominique Scheer-Hazemann, avec Jérémy Petit, Milena Marinelli et Adrien Biry-Vicente. Au Théâtre de La Huchette jusqu’au 13 Juin; du mardi au samedi à 21h.
Réservations : https://www.theatre-huchette.com/crime-et-chatiment/

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