« La Femme Qui N’Aimait Pas Rabbi Jacob » de Jean-Philippe Daguerre

Bonsoir à toutes et tous !!

Aujourd’hui c’est un peu particulier car nous n’allons pas parler de théâtre (oui ça arrive !); enfin pas vraiment mais nous en restons proches car Monsieur N va vous parler du premier roman de l’auteur/metteur en scène/comédien/directeur de Compagnie Jean-Philippe Daguerre : La Femme Qui N’Aimait Pas Rabbi Jacob; paru aux Éditions Albin Michel.

L’Histoire : Le 18 octobre 1973, la nouvelle comédie de Gérard Oury, avec le légendaire Louis de Funès, “Les Aventures de Rabbi Jacob”, sort en salles. Le même jour, une femme armée d’une carabine et d’un pistolet d’alarme détourne le vol Paris-Nice. Sa seule exigence : que toutes les bobines du film “Rabbi Jacob” soient mises sous scellés jusqu’à ce que la France intervienne pour favoriser la réconciliation entre Arabes et Israéliens et œuvrer à la paix en pleine guerre du Kippour. Pourquoi cette femme cible-t-elle une comédie ? Qui est-elle ?

À travers les témoignages de tous les protagonistes de cette affaire, de Georges Cravenne à Françoise Dolto, en passant par Gérard Oury et Louis de Funès, se dessine le destin d’une seule et unique femme : Danielle Cravenne, la femme de Georges…

L’Avis de Monsieur N :

Avec La Femme qui n’aimait pas Rabbi Jacob, Jean-Philippe Daguerre signe un premier roman d’une audace narrative rare et d’une puissance émotionnelle saisissante. À la croisée du fait divers, de l’enquête intime et du récit choral, il transforme une tragédie méconnue en une œuvre profondément humaine, vibrante et impossible à lâcher.

L’une des grandes forces du livre réside dans sa construction : chacun des protagonistes de l’affaire Danielle Cravenne prend la parole et raconte, depuis son propre point de vue, la portion d’histoire qu’il a vécue. Louis de Funès, Gérard Oury, Georges Cravenne, Danielle elle-même, Françoise Dolto, Charles Cravenne (le fils) composent ainsi une mosaïque de voix d’une justesse bouleversante. Chaque chapitre offre une perspective unique sur l’événement, parfois contradictoire, mais toujours incarnée, donnant au lecteur l’impression d’assister à la reconstitution vivante d’un drame complexe. Les témoignages se succèdent au fil des mois et jours précédant les faits, tandis que de très courts chapitres d’à peine une page permettent également de suivre les actions de cette femme « Chanel », de l’achat des armes au détournement de l’avion.

Mais le véritable tour de force de Daguerre, c’est de captiver tout autant celles et ceux qui ne connaissent rien à cette affaire. Le roman se lit comme un thriller émotionnel, tendu du début à la fin, traversé de silences, de zones d’ombre et de questions vertigineuses sur le destin tragique de cette femme — la seule pirate de l’air abattue sur le sol français. L’auteur parvient à maintenir un suspense constant sans jamais céder au sensationnalisme, préférant la délicatesse, la nuance et la profondeur psychologique.

Avec une écriture précise, élégante et d’une grande empathie, Jean-Philippe Daguerre redonne vie à des figures publiques tout en rendant à Danielle Cravenne sa complexité, sa fragilité, son humanité. Ce premier roman impressionne par sa maîtrise formelle, sa richesse émotionnelle et sa capacité à transformer une page sombre de l’histoire en une œuvre littéraire lumineuse, grave et nécessaire. Un coup d’éclat pour remettre en lumière une affaire et un fait d’état très et trop vite oublié et disparu de l’Histoire…

« La Femme Qui N’Aimait Pas Rabbi Jacob » de Jean-Philippe Daguerre; aux Éditions Albin Michel.

Commande : https://www.albin-michel.fr/la-femme-qui-naimait-pas-rabbi-jacob-9782226490001


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