Bonsoir à toutes et tous !
Aujourd’hui nous faisons un petit tour dans Les Classiques avec Le Roi Se Meurt d’Eugene Ionesco, mise en scène par Christophe Lidon; interprétée par Valérie Alane, Chloé Berthier, Nathalie Lucas, Thomas Cousseau, Armand Eloi et Vincent Lorimy.

L’Histoire : Le Roi Bérenger Ier (Vincent Lorimy) apprend qu’il va mourir avant la fin de la pièce, vérité implacable annoncée par la Reine Marguerite (Valérie Alane), lucide et autoritaire, qui incarne l’acceptation de la mort. La Reine Marie (Chloé Berthier), au contraire, refuse cette fin annoncée et tente par l’amour et la révolte de retenir le Roi du côté de la vie. Le Médecin (Thomas Cousseau), personnage multiple et absurde, confirme le diagnostic tout en révélant l’impuissance du savoir face à l’inéluctable. Le Garde (Armand Eloi) constate et annonce en permanence l’effondrement progressif du royaume, reflet direct du déclin du souverain, tandis que Juliette (Nathalie Lucas), la femme de ménage, par son pragmatisme et ses gestes quotidiens, rappelle la réalité simple et matérielle du monde. Peu à peu dépouillé de son pouvoir et de ses illusions, le Roi traverse les étapes de la résistance puis de l’acceptation, jusqu’à disparaître, entraînant avec lui la fin de son royaume…
L’Avis de Monsieur N :
Aux Gémeaux Parisiens, Le Roi Se Meurt se révèle dans une version à la fois claire, drôle et profondément humaine, portée par la mise en scène très réussie de Christophe Lidon. Il faut aussi saluer une scénographie particulièrement impressionnante, aussi vivante que les comédiens eux-mêmes : les murs, projetés sur écrans, se fissurent, s’effondrent et disparaissent peu à peu au fil de la représentation; comme si le royaume, et le monde tout entier, s’écroulait en même temps que le Roi. Cette idée visuelle forte accompagne parfaitement le texte et renforce la sensation de fin inéluctable, sans jamais alourdir le propos. Plutôt que de souligner uniquement la gravité du sujet, Christophe Lidon met en avant le comique et l’absurde de la situation imaginée par Ionesco : un roi qui apprend qu’il va mourir… et qui refuse d’y croire. Ce parti pris rend la pièce vivante, accessible et étonnamment joyeuse, sans jamais en gommer l’émotion.
La force du spectacle repose aussi sur une troupe particulièrement solide. Vincent Lorimy, dans le rôle du Roi, est tour à tour autoritaire, perdu, capricieux et bouleversant. Il fait rire autant qu’il touche, et donne au personnage une vraie proximité avec le public. Face à lui, Valérie Alane campe une Reine Marguerite ferme, directe, presque sévère, dont la lucidité tranche avec l’agitation générale et crée de nombreux moments savoureux. Chloé Berthier, en Reine Marie, apporte une grande douceur et une émotion sincère : son attachement au Roi et son refus de la fin annoncée sont profondément touchants. Thomas Cousseau incarne un Médecin à la fois sérieux et délicieusement décalé, Armand Eloi donne au Garde une présence drôle dans le fait d’insupporter tout le monde avec ses annonces et attachante, tandis que Nathalie Lucas, en Juliette, apporte une simplicité et une chaleur qui ancrent la pièce dans le quotidien.

Grâce à une mise en scène fluide, une scénographie forte et des comédiens très investis, Le Roi se Meurt devient ici un spectacle drôle, émouvant et facile d’accès, qui parle à tous. On rit souvent, on est parfois ému, et l’on ressort avec le sentiment d’avoir assisté à un grand moment de théâtre, à la fois intelligent et profondément humain.
« Le Roi Se Meurt » d’Eugène Ionesco; mise en scène et scénographie de Christophe Lidon, avec Vincent Lorimy, Valérie Alane, Chloé Berthier, Thomas Cousseau, Armand Eloi et Nathalie Lucas. Au Théâtre des Gémeaux Parisiens jusqu’au 6 Février, du Mercredi au Samedi à 19h et Le Dimanche à 15h.
Réservations : https://www.theatredesgemeauxparisiens.com/le-roi-se-meurt


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