Bonjour à tous !!
Toujours dans l’envie de vous faire découvrir les pépites vues lors du Festival d’Avignon; parlons aujourd’hui de Georges Kaplan. Il s’agit d’une pièce de Frédéric Sonntag; mise en scène par Tudual Gallic et interprétée par Claire Tabard, Léa Darmon-Raphoz, Béatrice Paquet, Kevin Abgrall et Lucas Berger.

L’Histoire : Quel est le lien entre un groupe activiste clandestin en pleine crise, une équipe de scénaristes en quête de nouveaux concepts pour un projet de série télé et un gouvernement invisible aux prises avec un danger menaçant la sécurité intérieure du pays ? Un seul nom : George Kaplan.
L’Avis de Lady H : Amateurs de pièces à énigme, George Kaplan est faite pour vous. Vous y découvrirez une conspiration autour d’une identité mystérieuse, servie par une équipe talentueuse.

Cette pièce de Frédéric Sonntag, mise en scène par Tudual Gallic, aborde le thème central des difficultés à faire collectif dans le monde contemporain. George Kaplan est une identité nébuleuse, dans laquelle les activistes de la première partie cherchent tous à se retrouver, mais sans être fondamentalement d’accord sur ce qu’elle signifie. Il représente tour à tour un ennemi public, un collectif, un individu, voire une arme – ou même un animal. La difficulté de créer collectivement est également soulignée dans la deuxième partie, lorsqu’une équipe de scénaristes se disputent autour d’un projet étrange : écrire sur un certain George Kaplan. Et à cause de cette impossibilité à faire collectif, il y a une violence qui pointe, qui menace de s’imposer.

George Kaplan est en cela une pièce inquiétante, c’est vrai, et c’est une représentation terriblement efficace de notre monde déchiré par une quête d’identité, et de vérité, dans lequel la fiction prend une place de plus en plus importante. Mais cela ne l’empêche pas d’être, peut-être avant tout, une pièce très drôle. Pour ça on ne peut que saluer le travail de mise en scène qui sait se jouer des ruptures, et celui des comédiens qui incarnent des personnages plus vrais que nature dans leurs travers.

Un spectacle pensé et créé en sortie d’école par cette jeune troupe, mais qui est extrêmement précis et maîtrisé. Les cinq interprètes (Kévin Abgrall, Lucas Berger, Léa Darmon-Raphoz, Béatrice Paquet, Claire Tabard) ont l’art d’habiter des personnages qui nous ressemblent, et on ne peut s’empêcher d’apprécier notamment les rappels au monde de l’entreprise, comme l’absurdité des réunionites ou la place centrale de la machine à café, symbole de lien social et d’identité, elle aussi.

Bravo également pour la scénographie qui sait nous surprendre dans ses évolutions au sein des différentes saynètes tout en conservant un sentiment d’unité, ce sentiment confortable, propre à la fiction, qui, comme les personnages le soulignent à plusieurs reprises dans la pièce, manque terriblement dans le monde « réel ».

George Kaplan, de Frédéric Sonntag, mis en scène par Tudual Gallic, Par La Compagnie Les Unes et Les Autres : avec Kévin Abgrall, Lucas Berger, Léa Darmon-Raphoz, Béatrice Paquet et Claire Tabard.
Site de La Compagnie : https://www.lesunesetlesautres.com/portfolio/george-kaplan

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